vendredi 15 avril 2011

Où sont les héros et les Barack de ce monde?

Le printemps a de bien étranges effets sur moi. Dès que mes 12 pieds de bancs de neige se liquéfient et laissent entrevoir un champ de mines plutôt qu’un terrain, je sors de l’hibernation aussitôt et la sève circule de nouveau. Mes doutes fondent comme neige au soleil et au grand dam de Chéri, je laisserais bien un petit bourgeon éclore en moi! ;-)

Bref, je deviens dangereuse pour les être chers qui m’entourent.

J’ai des idées de grandeur pour ma cuisine.
J’aspire gravir les échelons professionnels.
J'envisage courir deux fois plus vite et deux fois plus longtemps.
Et je songe à me lancer en politique pour fouetter les troupes, parler dans le blanc des yeux de Monsieur Harper et faire table rase sur tous les principes établis dans l’arène politique. Dangereuse je vous dis.

Car visiblement, le printemps n'a pas le même effet revigorant chez nos politiciens. Leurs idées ne se renouvellent pas au changement de saisons. Leurs discours semblent figés dans la glace, nous laissant tous dans un état d’engourdissement avancé. Où sont les héros et les Barack de ce monde? J’ai perdu la flamme car aucun ne semble avoir le feu. Il y a bien Jack, qui n’a pas que le prénom de sympathique. Mais en politique, les idées importent plus qu’une bonne bouille.

Alors que le droit de vote devrait être considéré comme un privilège, il fait plutôt office de droit. Le problème est bien là. Ne devrait-on pas aller voter par conviction, plutôt que par souci d’aller voter pour le moins pire du groupe? Quand un débat d’idées laisse plutôt la place à un concours d’image, ne nous surprenons pas que ce soit l’histoire de chômage de Muguette Paillé qui ait retenu l’attention des médias.

Sur la scène politique actuelle, l’hiver semble s’éterniser. Les politiciens doivent craindre leur ombre. Et comme dans le film Un jour sans fin, on se retrouve tous pris dans une boucle temporelle qui nous oblige à revivre encore et encore le même débat d’idées. D’ici à ce que ça change, la bouteille de notre ami Jack n’est pas loin!

vendredi 25 mars 2011

J'aime Samuel Gaudet (et l'homme qui portait la barbe)

J’ai cinq ans. Du haut de mes courtes jambes de lilliputienne, la tête complètement basculée vers l’arrière, je fixe l’homme qui se dresse devant moi. Il est grand. Il est fort. Il a le regard aiguisé, sévère mais attendrissant. J’enroule mes longues tresses autour de mes doigts fins, formant ainsi de jolis colimaçons. Avec mes souliers de cuir verni, je forme de petits monticules de sable. Je simule le jeu de celle qui attend bien sagement que la balançoire se libère. En réalité, l’œil espiègle, je l’observe en silence. Je fronce les sourcils et tente de le décortiquer comme une crevette. Mais il a la carapace plutôt coriace le monsieur. Le cœur tendre, certes, mais il a la couenne dure, comme dirait ma grand-mère. Mais qui est-ce?  L’homme semble heureux. Son sourire se cache sous sa barbe, mais ses yeux sont rieurs. L’homme est mystérieux. Il ne parle pas beaucoup, mais il semble entendre ce que les autres n’entendent pas. L’homme doit être généreux aussi, car je peux percevoir les pulsations de son cœur sur sa main.

Je croise soudainement son regard. Je pense qu’il a vu clair dans mon jeu. Je baisse les yeux et fais la moue en apercevant mes souliers poussiéreux. Je relève la tête en me pinçant les lèvres et il me sourit. Du coup, je me sens grandir. Il s’approche et dépose ma petite main fraîche dans le creux de la sienne. Cet homme, c’est mon père.
Encore aujourd’hui, plus de trente ans plus tard, il m’arrive de l’observer et de me demander qui il est. Je sais tout de lui et je ne sais rien à la fois. Il est proche et distant à la fois. Parfois, je le surprends à m’observer, l’œil espiègle. Et à ce moment, je devine que l’homme est aussi sensible. Car une larme de fierté inonde le coin de ses yeux rieurs…


Une larme de bonheur s'est également pointée chez moi lorsque j'ai goûté les cochonnailles de Samuel Gaudet et Nathalie Joannette, cofondateurs de Fou du cochon. Et ici, ne cherchez pas le lien avec mon père. Il n’y en a pas, sinon qu'ils m'intimident eux aussi par tant d'intelligence et d'audace. Primo, je suis tombée sous le charme de leur site Internet. Au fil des pages, on réalise qu'ils manient aussi bien le couteau que la plume. Secondo, je suis tombée à la renverse en apprenant que leurs produits, pourtant «cochons», sont bio! On peut même commander par Internet. Pourquoi se priver pareil plaisir? 



http://www.fouducochon.com/ 


vendredi 18 mars 2011

J'aime Anne Marie Lecompte (mais je n'aime pas les nuits blanches)

Minuit. Je ne dors toujours pas. Je suis impassible et j’attends que le sommeil me trouve. Je crois n’avoir jamais été aussi bien cachée.
1h 15. Je soupire, résignée. Mon cerveau n’est pas du tout indulgent avec moi. Il m’en fait voir de toutes les couleurs. Je repasse en boucle les moments forts de la semaine. Le noir prédomine, car j’en broie et je rumine.
1 h 30. Je me sens comme un gigot sur broche qui tourne sur lui-même. Chéri ouvre l’œil un tantinet, dérangé par la turbine qui échauffe l’édredon. Il me tapote la fesse avec compassion et retombe aussitôt dans les limbes.
1h 40. Je songe à mes prochaines vacances estivales en Irlande. Le calme s’installe un peu. Tiens, je vais compter des moutons. Un, deux, trois…
2 h 08. ….deux cents dix, deux cents onze…L’enclos déborde. La bergère en moi désespère et capitule. Je me mets soudainement à calculer le nombre d’heures qui me séparent de l’aube. J’angoisse.
2 h 25. Mes yeux semblent inexorablement attirés par les chiffres rouges et menaçants de mon réveil. Je ferme les yeux pour les chasser de ma vue. Mes doigts empoignent le matelas. J’entends les grains de sable qui s’écoulent du sablier. À moins que ce ne soit plutôt le son d’un rongeur qui use ses dents sur un deux par quatre? Tous mes sens disjonctent. Je me sens prise en souricière, menottée par un surplus d’énergie malsaine.
15 h 00. Je hisse le drapeau blanc et quitte ce lit maudit. J’ouvre le téléviseur et zappe. Des milliers d’images aussi incompréhensibles que surprenantes défilent alors devant mes yeux cernés: celles de jeunes femmes aux seins volumineux habillées en fillette. Celles de charlatans nous priant de composer le numéro au bas de l’écran pour trouver enfin le bonheur. Sur une autre chaîne, des images de Japonais affligés me glacent le sang. Mon lit me manque tout à coup.

Et là, mes yeux se posent sur ma nouvelle revue Châtelaine sur la table à café. Et je pense à Anne Marie Lecompte, une talentueuse et vibrante journaliste dont le fils s’est suicidé en novembre dernier. Dans l’édition d’avril, elle nous livre un texte poignant et coup de poing. Un cri du cœur. Son texte, intitulé Parti sans bruit, est profondément troublant. J’ai tant pleuré en le lisant. Il est empreint de vérité. À tous les pères et mères de ce monde : trouvez un moyen de mettre la main sur cet article. Car peut-être pleurerez-vous de tristesse en le lisant, mais ce pourrait bien être aussi de soulagement lorsque vous serrerez vos enfants dans vos bras…

Mes petits bobos sont soudainement bien petits et anodins. J’ai alors gravi les marches rapidement, je suis allée embrasser tendrement mes deux petites merveilles du monde, je me suis glissée contre l’amour de ma vie, et j’ai rejoint doucement les bras de Morphée….vers 5h00.


vendredi 4 mars 2011

J'aime François Paradis et Jouhainna Lebel (et j'aime ma tête!)

Je décorerai sous peu mon gâteau d’une trente-sixième chandelle. Les yeux fixes et béants, les plus jeunes diront que je suis vieille. Les yeux avides et mélancoliques, les plus vieux diront que je suis jeune. Quant aux casse-pieds, ils diront que ma 37ème année de vie débute. Et moi, je m’agrafe solidement à l’idée que l’âge m’importe peu, tant que l’enveloppe suit l’esprit.

Il est vrai que ma tête se coiffe d’un nombre incontrôlable de cheveux blancs. Il est vrai aussi qu’une oie a laissé ses empreintes au coin de mes yeux, malgré les promesses des compagnies de cosmétologie. Mais qu’à cela ne tienne!

Mon corps se transforme mais ne s’ankylose pas: j’entretiens ardemment le brasier qui brûle en moi. J’aiguise mes griffes et mon acuité de chasseur, et place dans mon point de mire la réalisation de mes rêves. J’atteins ma cible puisque je fonce dans la vie comme un 18 roues, la main posée sur le bras de vitesse pour accélérer la cadence. Mais surtout, je me responsabilise de ce qui m’arrive. Inutile de brûler des lampions et d’implorer le Saint-Esprit pour que les choses changent. Je suis le catalyseur. Je tiens solidement les brides.

Je me sens ainsi beaucoup plus belle qu’à mes 18 ans. J’ai la candeur et l’allégresse de celle qui sort tout juste de sa chrysalide, assoiffée de me réaliser pleinement. Chaque souffle nous rapproche de la mort? Balivernes. Chaque souffle nous rapproche plutôt de notre vérité. Et lorsqu’on la découvre, on trouve enfin notre fontaine de jouvence.

Ainsi, je serai toujours touchée par ceux et celles qui croient en leur capacité de réaliser leurs rêves, peu importe leur âge. François Paradis et sa chérie Jouhainna Lebel en sont un bel exemple. Au diable la peur de l’échec et les risques du métier! Tête première, ils ont foncé et lancé il y a quelques années Choco-là, une fine chocolaterie située au 64, rue Wellington à Sherbrooke.

Et qu’elle sage décision pour les épicuriens que nous sommes! Mes papilles en redemandent encore. C'est la frénésie en bouche. Tout est finesse et subtilité. Des chocolats gorgés de caramel au beurre et fleur de sel, lavande et miel sauvage, mangue et gingembre confit, mûre et romarin….Dommage qu’autant de kilomètres me séparent de l’extase. Peut-être que cette fois-ci, je ferai exception à mes principes : je ferai brûler un lampion et implorerai qu’ils aient un jour pignon sur rue à Québec….



vendredi 25 février 2011

J'aime The Stills (et les rutilantes décapotables)

À quoi bon fréquenter Platon, quand un saxophone peut aussi bien nous faire entrevoir un autre monde ? Emil Michel Cioran, écrivain et philosophe roumain, a vu juste.

La musique transporte. L’instant d’une pièce, elle rassemble les esprits dissidents, dissipe les illusions raciales et envoie aux oubliettes la hausse d’impôts annoncée. Bref, elle réussit là où bien des politiciens et grands philosophes de ce monde ont échoué.

La musique galvanise. L’espace d’un moment, elle réchauffe l’ambiance des plus grands stades. Elle fait lever de leur chaise les oncles pourtant repus et grisés. Elle fait lever les foules pendant les intermèdes d’une partie d’hockey qui s’éternise. Bref, elle a l’effet d’une douche froide lorsqu’il fait 45 degrés et l’effet d’un double espresso quand on a la gueule de bois.

Oui, elle adoucit les mœurs, mais elle peut aussi faire trembler les murs de la maison. Dès que les haut-parleurs projettent leurs premières notes, nous levons les mains au ciel, tels des disciples en transe devant un prédicateur en soutane. Hypnotisés et sous le charme, nous nous laissons portés par la vague endiablée, soudainement convaincus que nous détenons la Vérité : « Chéri, regarde-moi, je roule enfin des hanches comme la torride Shakira » et chéri, de répondre « Ma voix éraillée et un peu fausse séduit, n’est-ce pas? »

Des soupers qui tombent à plat? Levez le son. Des partys qui tardent à lever? Optez pour Thunderstruck d’ACDC et constatez le résultat. Empreint de nostalgie? Enfilez vos bons vieux écouteurs et tapez-vous l’un après l’autre l’ensemble de vos vieux classiques, calé dans votre divan préféré, bas de laine aux pieds.

Et ces temps-ci, ce sont les rythmes du jeune groupe montréalais The Stills qui m’aident à rendre les minutes de trafic moins pénibles le matin. Le son au maximum, je m’imagine les cheveux dans le vent à bord d’une rutilante décapotable, sur les routes de la Californie, accompagné de Chéri. Et lorsque tout à coup, de sa plus belle voix éraillée et un peu fausse, il se met à chanter, je monte encore plus le volume et j’implose de bonheur!

vendredi 18 février 2011

J'aime BLANK! (et je n'aime pas la routine)

Métro, boulot, dodo….Trois mots courts qui pourtant en disent long. Trois mots qui se suivent, qui se talonnent et se bousculent, comme en pleine période de trafic. Une séquence de « maux » qui ampute la vitalité à petit feu. Lorsque la ligne sur le moniteur ondule faiblement, c’est le signal qu’on est prêt pour la salle de réanimation. Lorsque le teint devient livide, le geste monotone et le verbe amorphe, le danger nous guette. Qu’on nous amène les électrochocs!

Pour ma part, je n’y échappe pas. Je ne suis pas immunisée contre les effets pervers d’un quotidien calculé et aseptisé. Pour me ressusciter, vive les soupers gastronomiques le mardi soir! Place aux acrobaties sous la couette, même si le coq chantera tôt à l’aube! Feu vert pour un Spa à vingt-trois heures passé, même lorsque le thermomètre affiche vingt sous zéro et que je doive franchir, pieds nus, une distance de deux mètres de glace et de neige. Oser changer! Sortir du cadre!

Marie-Pier : I
Routine : 0


Saviez-vous que « Métro, boulot, dodo » est une expression inspirée d'un vers de Pierre Béarn, en 1951, qui disait :

« Au déboulé garçon pointe ton numéro
Pour gagner ainsi le salaire
D'un morne jour utilitaire

Métro, boulot, bistro, mégots, dodo, zéro »

Comme Québec n’a pas son réseau de transport sous terre, que fumer n’est plus à la mode, que le bistro est plutôt réservé aux rapprochements amoureux, j’ai décidé de l’adapter :

« À la désinvolte fille lève ton poing haut
Pour célébrer fièrement les fruits d’un dur labeur
D’un jour heureux où tu ne comptes plus les heures
Auto, boulot, marmot, vino, sexo et dodo »

Le lien avec Martin Delisle? Un beau jour, las de 12 ans dans le domaine du multimédia, il a décidé de tout plaquer pour faire ce dont il avait vraiment envie : une collection de vêtements fabriqués au Québec. Avec un ami, il a cofondé Blank, une entreprise québécoise qui offre des vêtements de qualité à prix abordables! De la fabrication du tissu à la teinture, de la coupe de ce dernier à la couture, tout est Made in Québec!

http://www.portezblank.com/

vendredi 11 février 2011

J'aime Emmanuelle Duchesne (et Chéri aussi!)


À l’approche de la fête de l’amour, j’aime me rappeler qu’il y a déjà quelques mois de ça, Chéri me posait LA question….Vous savez, celle qui bouleverse, qui émeut, qui surprend mais qui allège le cœur….Alors pardonnez-moi si le texte qui suit flirte un peu trop avec le romantico-bonbon, mais vous l’aurez deviné, je suis « fleur bleue tirant pas mal sur le rose» et légèrement émotive…;-). Éloge à l'engagement.

Les amoureux du banc public
Je ne m’y attendais plus.
Sur les bancs des plus belles églises où j’ai été conviée pour célébrer l’amour des autres, j’ai rêvé d’être celle qui traversait l’allée, bras dessus dessous, sous les yeux fiers et embués des invités.
Pendant nos tête-à-tête langoureux, le cœur rapide mais léger, les yeux bien ancrés aux siens, j’ai espéré que les musiciens sortent trompettes et tambours. Juste pour nous.
Lors des journées pluvieuses, quand le temps nous faisait violence, j’ai prié pour qu’il pose le genou et me demande de braver vents et marées maintenant et pour toujours.
C’est plutôt sur un banc public, sous la Tour Eiffel, sans artifice ni mise en scène, entourée de nos deux enfants chéris, que ses yeux débordants d’amour, de certitudes et d’intensité ont parlé. Et j’ai compris. J’ai compris que l’attente a nourri notre désir. J’ai compris qu’il me choisissait encore aujourd’hui, malgré les hauts et les bas de dix années de vie à deux. Malgré mes imperfections. Malgré les traces laissées par le temps au coin de mes yeux.
Maintenant haut perchés sur la plus haute cime du monde, nous contemplons, main dans la main, le cœur rapide mais léger, l’avenir prometteur qui se dessine au loin. Car contrairement aux amoureux des bancs publics de Brassens, quand les mois auront passé, quand seront apaisés nos beaux rêves flambants, quand notre ciel se couvrira de gros nuages lourds, nous nous apercevrons émus, que le meilleur morceau de notre amour est encore à venir…

Pour célébrer l’amour, j’ai pensé aujourd’hui parler « bijoux ». Et fidèle à moi –même, je souhaite souligner le génie québécois, précisément l’engagement et le flair d’Emmanuelle Duchesne, gestionnaire et créatrice de bijoux, qui a développé la boutique en ligne Bijoux Bijoux avec son acolyte Pascal Couturier. Ce site poursuit sa mission éthique et locale : la vente internationale de bijoux faits main par des créateurs québécois. Au menu : une vingtaine de collections dont une section «mariage » ! (Chéri, la livraison est gratuite pour les commandes de 15$ et plus…).





Mon coup de cœur? Les bijoux de la collection Corteza, faits de résine et d’éléments de la nature tels que des pétales de rose et des feuilles d'arbre. Simples, colorés, ludiques et différents. Je les veux tous!

vendredi 4 février 2011

J'aime Alexandre Brunet!

J’adore cuisiner. Et ma cuisine, c’est ma bulle. La zone de repos de la guerrière. La forteresse qui me protège des assauts du quotidien. Couteau à la main, je me sens d’attaque. J’oublie l’inutile, les crises infantiles, les débiles qui jonchent ma route et je jubile. Vivre le moment présent? C’est là que ça se passe : hacher l’ail pendant que la pancetta crépite dans la poêle et que la courge caramélise dans le four. Ne pas oublier de passer en carafe l’Amarone et de chambrer la Sauvagine. Revenir à ma fameuse poêle effervescente et déglacer. Pendant la réduction de mon bouillon, en profiter pour dégarnir le comptoir, laver la spatule pour mon dessert cochon, humer les parfums, assaisonner. Mon pouls ralentit (oui oui!), mon taux d’oxygénation augmente, mon cerveau explose en sérotonine. L’extase! Le bonheur je vous dis! 

Être derrière le fourneau, c’est vivre à fond le plaisir d’être un « chef » d’orchestre : on prépare, on répète, et c’est le concert (en bouche!). Néanmoins, il est parfois très agréable d’opter pour la simplicité volontaire. Dans ces moments, j’enfourne une pizza Stromboli, je me sers un rouge plein de tannins et je fais vibrer mon plancher en écoutant ColdPlay!

Stromboli, c’est la création culinaire d’Alexandre Brunet, jeune restaurateur et entrepreneur engagé, qui a le vent dans les voiles. La Presse et Radio-Canada l’ont même nommé personnalité de la semaine en 2010 afin de souligner sa ténacité et sa foi en son rêve. En plus de connaître le succès avec son restaurant Stromboli (1019, av. Mont-Royal Est), Alexandre Brunet est aussi PDG d’Alimentation Cinq Sens qui a mis en marché la première pizza surgelée faite à la main et cuisinée avec des produits biologiques et entièrement québécois. Ses pizzas sont distribuées dans plus de 600 points de vente (IGA, Loblaws et Metro) et j’ai eu le plaisir d’en déguster, le tout arrosé d’huile d’olive, de grains croquants de poivre du moulin et d’une bonne roquette. Le bonheur je vous dis!

(Image de Gilles Delisle)

mardi 25 janvier 2011

J'aime Sébastien Larochelle

Aquarelle, huile, acrylique…je dois admettre que je ne maîtrise pas du tout l’art du pinceau. Et je ne parle pas ici de peinture au latex. Car Chéri vous dira que je suis plutôt rapide pour dégainer le rouleau et remettre au goût du jour les murs de notre chambre.

En d’autres mots, je peux peinturer, mais je ne sais pas peindre. Oh, je me doute bien qu’en mariant le rouge et le bleu, on enfante le violet.  Mais j’abdique devant Bonhomme allumette. J’angoisse devant un pot de gouache. Je tremble devant une feuille blanche.

Face à une toile, debout et immobile, les bras ballants et les yeux grands ouverts, je découvre parfois des couleurs qui sont infiniment plus belles que celles de ma boîte de Crayola. Je m’émeus devant tant de réalisme, ou m’étonne de l’imagination aussi délurée de l’artiste.

Aujourd’hui, je souhaite souligner la ténacité, le talent et l’audace de l’artiste peintre québécois Sébastien Larochelle, dont tous les tableaux se vendent de mieux en mieux, notamment à Whistler, en Colombie-Britannique. Selon les propos de la Galerie d’art Beauchamp, Sébastien impressionne notamment par son utilisation audacieuse de nouvelles et traditionnelles iconographies. Il peint son sujet principal, que ce soit un cheval, un taureau, une femme ou une danseuse, en laissant couler la peinture et en juxtaposant à l’occasion des mots ou de courtes phrases sur la toile.



Sur une autre note, on dit que les plus anciennes peintures connues à ce jour se trouvent dans la grotte Chauvet, en France, et qu’elles auraient environ trente-deux mille ans. Ça me bouleverse. Mais jamais autant que les fresques réalisées par mes enfants...

mardi 18 janvier 2011

J'aime la famille Desrochers (et ma mère aussi!)

S’il y a une femme dont je ne saurais me passer dans ma vie, c’est bien de ma mère. Pour tout ce qu’elle m’offre, pour tout ce qu’elle est, pour tout ce qu’elle pense et tout ce qu’elle fait. Conjuguez aussi l’ensemble de ces verbes d’action au passé composé, car ses gestes posés aujourd’hui sont le reflet de ceux qu’elle a posés hier.

Elle a toujours été là. De mon arrivée dans une feuille de chou jusqu'à mes premiers cheveux blancs. En paroles comme en chatouilles. Par sa main apaisante sur mon front brûlant comme par ses repas réconfortants les soirs d’hiver. Pour toutes les fois où elle me berçait au point d’en user le plancher quand, à la pénombre, je refusais de m’abandonner dans les bras de Morphée. Ou bien lorsqu’elle séchait mes torrents de larmes lorsque du haut de mes cinq ans, j’étais si convaincue de tout connaître de la vie.

En scène, elle jongle avec l’amour des siens, ses certitudes, ses jardins secrets, sa vie professionnelle, les succès comme les moments plus difficiles, sans que jamais rien ne se fracasse sur le sol. Elle tend la main à ceux qui craignent de traverser la vie. Elle donne son cœur aux âmes plus démunies. Elle dresse l’oreille, telle une louve qui cherche à protéger ses petits, et ses petits-enfants chéris. Elle est le miel sur nos rôties quand les matins sont plus amers.

Et aujourd’hui, malgré les 350 KM qui nous séparent, je la sens malgré tout si proche. À mes yeux, elle est parfaite. Et aux yeux des autres, probablement aussi.

En parlant de miel, je souhaite vous parler aujourd’hui d’un produit d’exception : un vin de miel absolument é-p-o-u-s-t-o-u-f-l-a-n-t (et la comparaison avec ma mère s’arrête ici!): la Cuvée de la diable, qui, selon le sommelier François Chartier, constitue depuis quelques années déjà, l’un des plus beaux produits du terroir québécois.

Ce nectar, à moins de 17$ à la SAQ, exhibe une couleur jaune doré d'où émanent des notes de miel et de cire d'abeille. Le tout est également agrémenté par de subtils effluves de poire caramélisée. À déguster en entrée avec du foie gras ou des fromages fins, ou au dessert avec des baklavas ou toute autre mignardise chocolatée…


lundi 10 janvier 2011

J'aime Nicolas, Dany et Guillaume.

D’aussi loin que je me rappelle, j’ai toujours aimé lire. Un bon roman me procure instantanément une bonne bouffée de chaleur, du genre celle ressentie au coin du feu quand, dehors, une tempête de neige se déchaîne. Dès les premières pages, je m’abandonne. Ou j’abandonne si la plume s’avère trop lourde ou trop sombre.  J'aime les romantiques, les policiers, même les compliqués-qui-demandent-réflexion. Les romans à saveur romanesque comme les plus crus. Et j’adore les acheter. Pas nécessairement pour les relire. Pas forcément non plus pour que mes enfants les lisent plus tard, lampe de poche à la main, sous l’édredon. Mais simplement parce qu’un livre me procure le fort sentiment d’avoir créé l’histoire de toutes pièces. Comme si j'avais été, en quelque sorte, la muse de l’auteur(e). Car un livre ne demeure au final qu’un assemblage de mots.... Choisis avec soin et bien ordonnés, je vous l’accorde.  Mais il ne prend force véritablement qu’au moment où vous y ajoutez de votre imagination. 

Et la beauté de l’affaire, c’est que mon histoire sera unique. Les personnages colorés à ma façon. Les paysages sont tantôt rustiques, tantôt ludiques, teintés des couleurs que je préfère. Et cette histoire, je la ferai évoluer à mon rythme, parfois à la vitesse grand V, parfois très lentement, en y plaçant ici et là les signes de ponctuation que je juge appropriés. Parfois avec de longues pauses, pour m’imprégner de l’émotion ressentie, pour sécher une larme ou pour donner suite au vingtième « Maman, viens ici ! », mais parfois aussi d'un seul trait, comme une vodka glacée que l'on avale cul sec. Bref, lire, c'est faire l'amour aux mots. 

En parlant de signe de ponctuation, saviez-vous que jusqu’aux environs du Xe siècle, les mots étaient écrits les uns à la suite des autres, sans blancs ni ponctuation? Un peu comme les écrits de la délicieuse mais malheureusement défunte Nelly Arcan, dans son livre Putain.  Sur une autre note, le BookCrossing est un phénomène mondial que je trouve séduisant. L’idée est de faire circuler des livres en les « libérant » dans la nature pour qu'ils puissent être retrouvés et lus par d'autres personnes, qui les relâcheront à leur tour. Alors si un jour vous trouvez un livre de Nicolas Dickner, Dany Laferrière ou Guillaume Vigneault sur un banc public d'un parc, ce pourrait bien être de moi. 



mercredi 5 janvier 2011

J'aime Alexandre Loiseau

La nourriture a pour moi un pouvoir réconfortant, festif et rassembleur. Que ce soit en couple, en famille ou entre amis, une bonne bouffe à cette unique faculté de solliciter de façon si puissante nos cinq sens. Les effluves d’une soupe aux légumes qui mijote lentement, la vue d’un gâteau dégoulinant de crème, le son d’une huître qu’on ouvre, la douceur d’un vin de glace au palais, la saveur mémorable de butterscotch d’un vieux gouda…Qui plus est, les souvenirs du passé y sont si souvent associés : le simple fait d’humer les parfums d’une  sauce à spaghetti qui bouillonne sur le rond nous projette à nos jeunes âges, lorsque nous arrivions de l’école en autobus jaune et que maman jouait de la casserole dans la cuisine…

La nourriture me comble le ventre, mais c’est là un mince bienfait. La bouffe offre tellement plus à celui et celle qui s’ouvre un peu l’esprit. Elle fait voyager, découvrir, explorer. Elle provoque des Oh ! , des Ah! et des Encore! Elle réconforte les âmes en peine, elle calme les plus violents SPM (moi, en tout cas), elle délie les langues lors d’un souper bien arrosé. Elle a le don aussi d’unir profondément les gens: mon Chéri m’a séduite par sa façon de cuisiner à nos débuts, mes voisins sont devenus des amis, mes enfants se confient lorsqu’on prépare une pizza ensemble…Bref, la nourriture crée le bonheur. Et comble de chance, manger est un plaisir qui doit se renouveler! Alors pour ma part, ne me parlez pas de régime !

Aujourd’hui, je lève mon verre à Alexandre Loiseau, chef propriétaire du restaurant Bistro Cocagne, situé à Montréal. Ce jeune créateur dans la trentaine rend hommage aux artisans du Québec. Je l’adore pour son audace, pour sa passion de la cuisine. Et parce que c’est mon cousin.

Pour reprendre les mots de Robert Beauchemin de la Presse, « le restaurant Bistro Cocagne, rue Saint-Denis, fait son petit bout de chemin tranquillement, car son chef, au contraire des gastrostars du moment qui aiment parader, préfère travailler dans l'ombre, mais avec rigueur et vigilance. C'est un jeune homme qui ne se laisse pas prendre au piège de l'ego surdimensionné. Chez lui, on vient pour manger. Et il est si efface que l'on se rend à peine compte qu'il y a en cuisine un très grand talent, qui n'a fait que mûrir au cours des dernières années. »

Continuez votre excellent travail Alexandre et Sandra. Nous somme fiers de vous! 

Ses spécialités : Foie gras, Gibier, Agneau, Terrine, Volaille.

http://www.bistro-cocagne.com/



 

Voici sa recette de pouding chômeur à l'érable publiée sur

Selon lui, la crème et le sucre d'érable se mélangent parfaitement pour donner au pouding chômeur une douceur savoureuse et moins corsée au goût que le traditionnel mélange eau et cassonade. De quoi vouloir en reprendre…

Degré de difficulté : facile
Nombre de convives : 8
Temps de préparation : 15 minutes
Temps de cuisson : 40 minutes
Ingrédients :

1 œuf
45 ml de sirop d'érable
30 g de beurre fondu
Une pincée de muscade
Une pincée de sel
1 c. à soupe de poudre à pâte
115 g de farine
100 ml de lait
375 ml de crème 35 %
1 tasse de sucre d'érable

Préparation :
- Dans un bol à mélanger, battre ensemble l'œuf et le sirop d'érable.
- Incorporer le beurre fondu et la muscade et mélanger de nouveau.
- Ajouter le sel, la poudre à pâte et la farine en alternant avec le lait. Bien mélanger jusqu'à homogénéité.
- Verser cette préparation dans des moules individuels (1 moule pour 2 personnes) allant au four.
- Mélanger la crème et le sucre d'érable.
- Verser ce mélange sur la pâte à pouding et enfourner pour 40 minutes à 375 °F.
- Servir tiède.

Délectez-vous!

mercredi 29 décembre 2010

J'aime Pierre Thibault

Lorsque je me projette dans le passé, c’est le plus souvent dans ma première maison familiale que je me réfugie. Mes souvenirs d’enfance les plus riches y ont pris racine. Et elles sont profondes. Au point où mes rêves actuels s’y déroulent encore et encore et ce, même si plus de vingt ans se sont écoulé depuis notre déménagement. Tel un fantôme, l’âme en peine, je m’y déplace, en vociférant contre les transformations apportées par le nouveau propriétaire. Qu’a-t-il fait à NOTRE haie de cèdres! Et NOTRE foyer de pierres! Sans compter au manque flagrant d’entretien à NOTRE piscine! Comme si elle m’appartenait encore….Comme si j’avais un droit de veto sur toutes les décisions de transformation déco que ce nouveau couple, sans enfants dois-je le préciser, a le droit ou non de prendre.

J’aurais aimé qu’elle soit classée « Patrimoine mondial de l’Unesco », pour justement éviter qu’elle soit menacée de destruction par cause de dégradation, d’évolution de la vie sociale, et de mauvais goût…Je l’aimais moi, ma chambre de bain brune. Et la tapisserie jaune de la cuisine. Et les murs de miroir de ma chambre au sous-sol, devant lesquels je me déhanchais en écoutant mon disque de vinyle de Flash dance.

J’aime ma maison actuelle, car je vois bien l’effet réconfortant qu’elle apporte à mes enfants. Telle une soupe à l’oignon gratinée. Je me promets toutefois bien un jour de m’en offrir une nouvelle, car le changement bouscule, relativise, révolutionne, métamorphose. Bref, le changement fait du bien. Celle de mes rêves en sera une de l’architecte québécois Pierre Thibault. Pour ses lignes pures. Pour les éléments de développement durable de ses constructions. Et surtout, pour « ses réalisations qui se démarquent par leur intégration au paysage et leur capacité à capter la lumière naturelle », comme l’a si bien dit Lucie Lavigne de montoit.ca.

http://montoit.cyberpresse.ca/habitation/architecture-et-patrimoine/201004/09/01-4268819-les-maisons-nature-de-pierre-thibault.php

http://www.pthibault.com/


 


vendredi 17 décembre 2010

J'aime les robes de Valérie Dumaine!

Je suis girlie, et je m’assume complètement. J’aime la féminité. J’aime qu’un vêtement puisse me donner confiance. Déjà, petite, je savais ce que je voulais porter. Et surtout, ce que je ne voulais pas! Je me souviens d’un manteau que ma mère avait tricoté pour moi….Je devais avoir l’âge de la maternelle. Chère maman! De longues minutes pour choisir un patron. De longues hésitations à choisir entre une laine de ton bleu poudre, orange brûlé ou jaune poussin. De longues heures à jouer de l’aiguille. Mais surtout de la patience à tenter de me le faire porter! Je pense l’avoir revêtu à deux reprises…Et je me souviens d’avoir résisté à chaque fois. Je n’étais pas bien dans ce manteau. Oh, il était bien confortable, bien chaud, bien visible (elle avait finalement opté pour l’orange brûlé et le jaune poussin) mais je n’aimais pas l’effet qu’il me procurait! J'étais bien sûr triste pour ma mère....Elle qui, maille après maille, m'imaginait toujours un peu plus dans sa création….Elle a dû toutefois se rendre assez vite à l'évidence: je ne le porterais pas. A-t-il alors pris mauvais plis sur un cintre en métal? Je pense qu'il a atterri dans une œuvre de charité…

Ce que j'aime par dessus tout? Les robes. Les courtes, les longues. Celles aux lignes intemporelles comme les plus osées. Je les aime toutes, mais particulièrement celles de Valérie Dumaine, une designer québécoise qui gagne à se faire connaître. Ses robes sont fabuleuses et se vendent à petit prix.

Peut-on résister à la tentation de se retourner au passage d’une femme dont la robe se fond sur elle comme une deuxième peau? Moi non ! Ma fille préfère de loin porter le pantalon à la robe, et ça demeure un mystère complet pour moi….j'ai bien essayé de la convaincre d'en porter mais comme ma mère, j’ai lâché prise! ;-)

MA Valérie Dumaine, offerte par Chéri. 


http://www.valeriedumaine.com/

mercredi 15 décembre 2010

J'aime le blanc!

(Photo prise par Chéri, lors d’une bouffe mémorable dans un petit resto de St-Malo, en France)

Oh…il neige encore. Il n’y a pas de doute, nous aurons un beau Noël blanc. Et qui dit blanc, dit pureté et légèreté. D’ailleurs, c’est en blanc crème légèrement teinté de beurre que j’ai décidé de repeindre les murs de la chambre de notre fils. La lumière y est maintenant si belle! La couleur me rappelle les croissants que nous allions nous chercher certains matins, lorsque nous logions dans Montmartre. D’ailleurs, c’est probablement lors de ce voyage où j’ai véritablement apprivoisé les subtilités, les arômes et les effluves d’un vin blanc. Je ne me prétends pas sommelière, loin de là. Mais lorsqu’il est bien marié, à un plat de poissons bien frais ou à un fromage de chèvre québécois comme l’excellent Cendrillon, c’est le paradis dans la bouche!

Le Cendrillon est un fromage roulé dans la cendre végétale! Il offre un goût acidulé et un peu piquant qui s’intensifie au fil du temps. Il a été couronné sacré meilleur fromage au monde après s'être mesuré à 2 440 fromages provenant de 34 différents pays! Si elle le pouvait, ma fille en couvrirait ses rôties le matin…

http://alexisdeportneuf.com/default.aspx?rdr=true&LangType=3084&id=56

Pour accompagner cette belle création, hydratez-vous d’un blanc délicat et léger, tel que L'Orpailleur, un très bon vin blanc dont la robe arbore une couleur jaune-vert et dont le nez évoque des arômes de pomme verte et de fleurs blanches! Encourageons les vignobles québécois!